L’inactivité physique a un coût : oui mais lequel ?
28 septembre 2008 à 12:47L’aspect financier est un élément qui pèse sur le système de santé en France et les coûts de prise en charge de la santé sont analysés. De ce fait, les actes coûteux sont bien connus car régulièrement chiffrés par les autorités sanitaires. Aujourd’hui en France, on sait ce que coûte telle ou telle pathologie.
Or qu’en est-il du coût des facteurs de risque ? Et pour les actions préventives ? A quelle hauteur peut-on estimer les économies réalisées par de programmes de prévention primaire ou secondaire ? Comment évaluer l’impact d’actions préventives sur le coût de la santé ? Quel est le coût de l’inactivité de la population sur le système de santé et surtout quelles seraient les économies réalisées par des programmes encadrés de (re)mise à l’activité physique adaptée ?
L’inactivité physique comme facteur de risque pour la santé
Aujourd’hui, on connaît bien le rôle protecteur que joue l’activité physique sur bon nombre de pathologies dans lesquelles l’inactivité physique est un véritable facteur de risque ; on peut alors se questionner sur les économies engendrées par une politique d’incitation à la pratique d’activité physique à grande échelle.
En 2000, une étude publiée au Canada cible l’impact économique de l’inactivité physique des canadiens sur le système de santé. Elle fait état d’une part au moins égale à 2.5% des dépenses de santé directement liées au conséquences de l’inactivité physique dans la population, ce qui correspond aux résultats trouvés par une équipe américaine sur la même question.
L’étude canadienne s’est limitée à la prise en compte des sept états pathologiques les plus courants dans le pays (coronopathie, AVC, concer du côlon, cancer du sein, diabéte II, ostéoporose et hypertension) pour son estimation.
Réduire les coûts par des programmes d’activité physique adaptée
En 2004 et afin de réduire les coûts de santé, une proposition est faite au Ministre des Finances par la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec. Il s’agit de mettre les actifs (travailleurs de 16 à 65 ans) de la province à l’activité physique en leur proposant un crédit d’impôts contre une pratique régulière contrôlée par un professionnel de l’activité physique et de la santé, kinésiologue ou éducateur physique qui sont des « professionnel diplômé d’un programme universitaire d’éducation physique, de science de l’activité physique » et ce « pour assurer la qualité [du programme]« . Il s’agit là d’une solution incitative originale qui pourrait avoir des effets importants en terme d’économie des dépenses de santé. Des propositions pour les moins de 16 ans et les plus de 65 ans ont également été effectuées.
En France ?
Voilà qui pourrait intéresser les professionnels diplômés d’un programme universitaire d’activité physique adaptée en France.
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Merci Benjamin de cet article car l’aspect financier représente l’élément déterminant de nos politiques de santé. Or la prévention et la rééducation sont rentables (financièrement et sanitairement) comme l’a montré la fameuse étude de Hambrecht et coll (Circulation, 2004) en réadaptation cardiaque.
D’ailleurs les patients diabétiques aussi y gagneraient: en effet les patients qui passent en rééducation diminuent leur dosage médicamenteux. Un de mes patients vient de diminuer de 50% le coût mensuel de son traitement diabétique après un séjour de 4 semaines:100euros de moins pour la sécu par mois. Sachant qu’1 séjour coût environ 6000euros
Pour compléter l’étude canadienne que tu cites, il faut savoir que les coûts indirects d’une pathologie (arrêt de travail, maladie secondaire à la maladie d’origine…) coûtent 2 fois plus chers que les coûts directs (consultations, hospitalisations, médicaments etc.).
La Sécu connaît-elle ces chiffres? J’en doute puisqu’en France la Prévention est quasi inexistante.
Un conseil pour les étudiants cherchant un thème de Mémoire: étudiez le coût d’un séjour et les bénéfices de la prévention et rééducation sur le long terme: je pense qu’il y a des choses très intéressantes à évaluer.