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Le maintien de l’autonomie chez les personnes âgées

Le vieillissement de la population en Europe et partout en France est un enjeu majeur des politiques de santé actuelles. En 2005, les plus de 65 ans représentaient 21% de la population totale dont 38% de plus de 75 ans (source INSEE, 2005). Les prévisions d’évolution démographique vont dans le sens d’une augmentation du nombre de personnes âgées, de l’espérance de vie et des besoins en terme d’hébergement et de prise en charge. Dès lors la question du vieillissement et du maintien de l’autonomie grâce à un mode de vie sain et actif se pose. Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) nous donne quelques éléments de réponse généraux.
Dans le cadre de ce billet, nous nous intéresserons plus particulièrement à la question du maintien de l’autonomie de la personne vieillissante (en situation de handicap ou non) en institution et à sa mise en œuvre possible.

Une activité physique régulière, adaptée à des objectifs de maintien de l’autonomie est potentiellement porteuse de bénéfices sur les plans moteur, psychologique et social pour la personne âgée. Ainsi, l’autonomie fonctionnelle et le niveau d’indépendance s’en retrouvent renforcés.

L’apport d’une activité physique adaptée

Dans le cadre de l’activité physique adaptée (APA) au maintien de l’autonomie, nous allons développer trois axes inter-dépendants pouvant être repris par les éducateurs physiques en maison de retraite ou en EHPAD :

  1. Lutte contre la sarcopénie
  2. Prévention des chutes
  3. Prévention des maladies

La lutte contre la sarcopénie : la sarcopénie correspond à la perte de masse musculaire avec l’âge avec les conséquences que cela engendre sur la composante musculaire et au final sur les capacités fonctionnelles. Plusieurs facteurs rentrent en ligne de compte dans son importance. La sarcopénie majore la fatigabilité et le processus de déconditionnement, ce qui engendre des répercussions dans les activités de la vie quotidienne (AVQ).
La sédentarité est un des facteurs modifiables sur lequel l’institution et l’éducateur physique devront insister en proposant des programmes d’activité physique attrayants, ludiques, adaptés et socialement reconnus et utiles pour les résidents.

La prévention des chutes : la survenue d’une chute est un événement dans la vie de la personne âgée qui est traumatisant, tant au niveau physique qu’au niveau psychologique. Il entraîne généralement une diminution de la participation globale de la personne, variant d’un individu à l’autre en fonction du contexte de survenue. Il s’agit, sans parler de la mortalité, d’un événement ayant un retentissement fonctionnel invalidant et hypo-dynamisant, nécessitant s’il y a lieu des suites orthopédiques, une rééducation physique et psychomotrice. La faiblesse des muscles des membres inférieurs est le premier paramètre ayant un impact négatif sur l’équilibre et pouvant être contré par un programme d’activité physique adapté.
L’équilibre étant le pré-requis à la marche, c’est un élément clé dans le maintien de l’autonomie de la personne âgée. Il doit à ce titre bénéficier d’une attention toute particulière dans le choix des activités susceptibles de l’entretenir comme par exemple la danse, l’aquagym, la gymnastique douce et… la marche.

Prévention des maladies : la pratique d’activité physique régulière, surtout d’endurance, participe à la prévention des maladies cardio-vasculaires. Par voie de conséquence, une pratique régulière d’activité physique diminue le risque d’accident cardiaque et vasculaire, et donc de perte d’autonomie.

Donner du sens à la pratique : jouer sur la « forme » pour potentialiser le « fond »

Le sens, le support social, la variété des activités sont des éléments modifiant la forme de l’activité, son aspect ; en les favorisant on souhaite retarder l’érosion quasi-inéluctable de l’intérêt pour une activité régulière qui devient de ce fait moins rébarbative comme peuvent l’être certaines prises en charges dénuées de sens.
Sur le fond, les APA peuvent proposer une myriade de situations variées et visant selon les situations et la progression les composantes suivantes : endurance, force, souplesse, équilibre, coordinations, coopération, valorisation, réalisation…

Adapter les activités physiques aux personnes âgées :

Plusieurs types d’activités physiques peuvent être adaptées aux personnes âgées, qu’il s’agisse d’activités sportives ou d’activités de loisir, toutes peuvent contribuer à l’amélioration et au maintien des capacités physiques. Par exemple, la marche, la danse, la gymnastique douce, le vélo (d’appartement ou d’extérieur), l’aquagym, les parcours d’équilibre, les sports de raquette ou de ballon sont autant d’activités pratiquées seules ou en groupe, adaptées aux différents niveaux d’autonomie et qui peuvent être régulièrement pratiquées. Elles requièrent un minimum de matériel (ballons, cerceaux, raquettes, plots, cordes, élastiques…) et peuvent s’effectuer dans des conditions sécuritaires optimales.
Il s’agit là pour l’intervenant en activité physique adaptée de proposer et d’adapter ces activités en fonctions des objectifs de prise en charge (renforcement de la force, de la coordination…).

Un point sur la méthode PEM :

La méthode Posture Equilibration Motricité (PEM) a été pensée et organisée autour de ces trois axes pour la personne âgée. Cette dernière a comme particularité d’avoir été développée en collaboration par des médecins gérontologues, des enseignants des UFR-STAPS et des professeur d’APA et d’avoir été validée au niveau scientifique et des tutelles. Pour résumer, elle propose un cycle d’exercices adaptés selon un profil moteur individuel (PMI) défini lors des séances d’évaluation et est idéalement complétée par des séances d’éducation. Cette méthode propre aux professeurs d’APA peut donc être proposée à un public hétérogène ayant différents niveaux d’autonomie.

Publié dans : Médico-social,Sanitaire par Benjamin
 
       

Il y a 15 commentaires

Commentaires

Bonjour, je suis ergothérapeute dans un CICAT, et j’ai reçu dans le cadre de ma fonction, une équipe soignante composée d’un cadre de santé et d’un Kiné qui m’a demandé des infos/coordonnées sur des parcours de santé adaptés aux PA (leur population est principalement lourde en terme de pathologie : Alzheimer, démence sénile…).
Leur projet est de prévoir des ateliers orientés sur l’équilibre et la prévention des chutes. Il voudrait également que les ateliers puissent être utilisables avec ou sans encadrement professionnel, afin de l’intégrer petit à petit de le quotidien.
Exerçant en établissement, ils doivent pouvoir retirer aisément le matériel au besoin si nécessaire.
Avez vous donc connaissance de produits spécifiques ou bien de lieux déjà équipés vers qui je pourrais creuser la question?
Merci des réponses que vous pourrez me fournir, Mr BADET.

JE REPOND A VOTRE DEMANDE, je suis responsable d’un département pour l’association siel bleu, et ce que vous recherchez nous l’appliquons par le biais de professionnels des APA. renseignez vous auprès de cette association de votre département (voir site internet).

Bonjour!
Mon souhait, c’est de communiquer avec des professionnels qui sont chargés de la pratique des activités physiques adaptées.
Étant moi-même un professionnel et un formateur de l’APA depuis 1994 à ce jour.
S’il y a possibilité de faire des échanges de nos expériences pratique auprès de la population des personnes handicapées et aussi les personnes en difficulté sociale.

J’attends avec impatience votre réponse et bon courage à tous.

Benjamin le 16 juillet 2008 à 21:06

Bonjour, notre forum est ouvert Rachid

A propos de la methode PEM, y a-t-il un moyen de récuperer la grille d’évaluation quelque part; je ne la trouve pas.

D’avance merci.
anso-83

Bonjour,
A propos de la methode PEM-ES :
Je vais avoir à prendre en charge des personnes agées et je souhaiterais faire un altelier équilibre, et prévention des chutes. J’ai fais des recherches et je ne parviens pas à trouver de documentation sur la méthode PEM. Mais je ne parviens pas à trouver de documents.
Savez vous ou je peux en trouver?
Merci

utilise plutôt la méthode de la gymmémoire pour travailler l’équilibre et la prévention des chutes et en plus va travailler toutes les questions d’agnosie cad perte de mémoire

je ne vois pas ce que la méthode PEM a à envier à la Gymmémoire (r) rémi mis à part qu’elle est développée par la FFEPGV alors que la PEM-ES est portée par les STAPS…

Bonjour,
je suis très intéressée mais où peut on avoir des info sur la PEM ?
merci

certes la PEM-ES est porté par les staps, cependant la base de la gymmémoire peut venir compléter les composantes de la PEM-ES. cad qu’elle peut prendre les éléments revêtant des stimulation cognitives ( formes=X action ou als couleur=X formes corporelles) tout en gardant son intensité avec des PA toujours aussi actives. la gymmémoire a été crée pour des PA Atteintes de la maladies d’alhzeimer.
Pour info, j’ai essayer de développer la base de la gymmémoire en milieu aquatique et ce n’est pas de l’aqua-jogging ou autres c nouveau je penses.cela marche trés bien puisque les patients étaient situer dans un milieur instable et non connu de leur registre cognitif. l’effet apparait après 3 semaine de travail.

les info sont possible sur jp06.inpes.org
ou alors sur le site de l’INPES

ok merci

Remi, je suis professeur de natation et d´aquagym et je souhaiterait savoir quels sont les exercices qie tu as mis en place au niveau aquatique, je souhaiterais proposer un travail identique aux personnes avec lesqueles je travaille ( 3e age), savoir quels sont les exercices spécifiques á proposer : equilibre, posture, motricité
merci d avance

Bonjour,
Tout d’abord ce site est vraiment tres bien fait! felicitations!

Concernant, la méthode PEM-ES, je ne la trouve pas, apparemment je ne suis pas le seul, or elle est de plus en plus connue, car lorsque que je la cherche sur internet je trouve des articles mais pas de détails au sujet de cette méthode, donc est ce que quelqu’un peut m’aider svp?

D’avance merci

Bonjour à tous, je suis étudiante en Staps 2année de Licence et je souhaite diriger ma formation vers les APA. dans le cadre d’un cours on nous a demandé de faire un programme pour améliorer les capacités physiques et psychologique d’un groupe de personnes âgées de notre choix, j’ai pas mal d’idées sur la façon de construire mon oral mais j’ai peur que les contenus que je propose ne soient pas adaptés correctement aux handicapes que j’ai attribué moi même aux ces personnes fictives! Je trouve que le fait de ne pas nous imposer le publics est un exercice trés difficile que me conseillez-vous en tant que professionnels? Quelles sont les situations les plus abordables pour une débutante en la matière? Merci de vos réponses

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