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L’activité physique en milieu sanitaire : bénéfices et risques

L’efficacité de la pratique d’une activité physique (adaptée) dans le management des maladies chronique est désormais bien connue dans nombre de cas :

  • HTA
  • insuffisance rénale
  • obésité
  • diabètes
  • BPCO
  • artérite
  • insuffisance cardiaque
  • lombalgie chronique
  • ostéoporose

De plus, dans tous les cas, les bénéfices à court moyen et long terme liés à la pratique d’une activité physique et/ou sportive (correctement encadrée) supplantent et surpassent la prise de risque modérée liée à l’activité. Pourtant, l’exercice physique à visée sanitaire n’est pas toujours envisagée dans l’arsenal thérapeutique de prise en charge pluridisciplinaire du patient, par peur de le « mettre en danger » et par méconnaissance des modalités d’adaptation des activités physiques dans un but préventif ou réadaptatif etc…

Alors comment faire bénéficier des vertus du sport et de l’exercice physique à des personnes en situation de maladie ou de handicap dans un cadre sécuritaire ?

Réduire les risques et améliorer la qualité

La réduction des risque passe par un ensemble de mesure que nous allons évoquer : pour débuter, il paraît essentiel de rappeler que l’encadrement d’une activité physique et/ou sportive ne peut se faire que par une personne diplômée dans l’animation ou l’enseignement du sport.
Plus spécifiquement dans le milieu sanitaire, la formation STAPS Activité Physique Adaptée répond au exigences liées aux contraintes médicales tant qu’il ne s’agit pas de situation de décompensation d’une maladie ou de phase aigüe.
Toutefois, tout risque de blessure ou d’accident en séance d’activité physique ne peut être écarté par la seule présence d’une personne compétente et diplômée de surcroît.
Par contre, le risque potentiel lié à la pratique d’une activité physique peut être réduit par des mesures simples comme :

  • une évaluation médicale préalable systèmatique afin d’écarter tout facteur cardio-vasculaire aboutissant sur une prescription médicale d’activité physique
  • la surveillance de la personne lors des séances d’activité physique par un enseignant en Activités Physiques Adaptées et Santé (APA)
  • la définition et le réajustement de la dose-réponse du programme personnalisé d’activité physique
  • un programme d’éducation physique et sportive assuré par un enseignant en Activités Physiques Adaptées et Santé
  • les risques de l’activité physique sont associés à l’intensité

Qui mieux qu’un prof d’APA peut enseigner la gymnastique à des personnes atteintes d’obèsité, l’endurance à des personnes souffrant d’insuffisance cardiaque ou de diabète, le tennis de table auprès de personnes souffrant d’une sclèrose en plaque etc… tout en limitant les risques ?

L’engouement naissant dans le secteur sanitaire pour les activités physiques ne doit pas faire oublier qu’il est question d’un savant dosage entre prise de risque en terme de santé et bénéfices retirés de la pratique s’adressant à un personne. L’adaptation des modalités de pratique (type, intensité, fréquence, durée mais aussi consignes, matériel, régles et logique interne etc…) est la clé de ce succès.

Publié dans : Médico-social,Sanitaire,Social par Benjamin
 
       

Il y a 6 commentaires

Commentaires

très juste,étant prof apa en centre de réadaptation cardiaque, il est clair que toutes les mesures décrites ici doivent être prises en compte pour pouvoir faire exercer les activités physiques adaptées dans de bonnes conditions…

Très juste. Vive les APS aux APA !!!

Et si le patient à une grosse hypo, ou alors une hausse de tension très forte ou encore des douleurs dans la poitrine … ne croyez vous pas que la présence d’une infirmière serait souhaitable ?????????
Ok, nous les professionnels en APA on s’est géré l’activité physique mais où s’arrêtent les compétences du professionnel en APA quant à la prise en charge médicale des patients ?

Benjamin le 21 mai 2008 à 10:39

Très juste Vincent, la question des limites de compétences d’un professionnel APA se pose. On sait gérer l’activité physique, mais certainement pas les décompensations. On n’est pas là pour soigner une angine de poitrine ou une hypoglycémie, mais notre responsabilité est de tout faire pour prévenir ce genre de problème (en proposant un programme gradué et adapté, des échauffements, de la récupration, de l’éducation physique etc…).
Pour la question de la présence d’une infirmière ou d’un médecin : bien sûr que la présence d’un staff médical est nécessaire dans l’établissement où tu pratiques pour pallier à tout problème, mais est-il nécessaire de mobiliser en permanence un infirmier pour la pratique d’activités physiques et sportives ? Cela dépend de l’atteinte des patients à mon avis. Dans beaucoup de cas, la présence d’un staff médical à proximité peut suffire. Nous sommes à même de prendre en charge une hypoglycèmie (comme tout prof de sport à qui cela arrive) en arrêtant l’exercice, mettant la personne au frais, et en appelant le médecin, idem pour une douleur à la poitrine… Les gens qui pratiquent une activité physique adaptée doivent avoir une approbation médicale pour pratiquer, donc ne doivent pas être plus à risque qu’une personne « non malade » vis à vis de l’AP.
Dernière précision, une formation en premiers secours est un bon complément à la formation APA !

Mon commentaire est une question.
Y a-t-il un texte règlementaire qui oblige la présence d’un médecin cardiologue ou urgentiste à proximité immédiate des lieux de rééducation dans un centre de rééducation cardiaque?

Benjamin le 4 juin 2008 à 13:55

A ma connaissance, la réadaptation cardiaque ne peut se faire sans la présence d’un cardiologue dans l’établissement.

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